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CHARTE DE L'APERAU
Conformément aux statuts de l'Association pour la Promotion de l'Enseignement et de la Recherche en Aménagement et Urbanisme, les formations et institutions membres de l'APERAU, association internationale, ont en commun :
- d'une part, l'usage du français,
- d'autre part, l'orientation générale des choix pédagogiques,
- enfin, le souci d'intégrer les apports de la recherche à l'enseignement.
La présente charte a pour objet de préciser ces choix pédagogiques et de servir de référence pour l'évaluation des formations prévues à l'article 2 des statuts. Cette évaluation permet le passage du statut de membre associé à celui de membre actif. Elle est facultative et entreprise à la demande de chaque institution ou formation concernée (une institution membre peut demander l'évaluation de certaines seulement de ses formations). Dans un souci d'enrichissement réciproque, la vérification de la conformité aux principes de la présente charte doit être effectuée par les évaluateurs et par les instances de l'APERAU en tenant compte de la diversité des situations nationales comme des spécificités des institutions et des formations, sur les plans culturel, pédagogique et professionnel.
Les choix pédagogiques recommandés par l'APERAU sont les suivants :
1. La pluridisciplinarité qui s'entend sur trois plans :
- le recrutement des étudiants (formations antérieures),
- la composition du corps enseignant (disciplines d'origine),
- le programme des enseignements.
2. L'association d'un enseignement :
- théorique et critique,
- concret et opérationnel.
Cela suppose un corps enseignant composé à la fois d'universitaires et de professionnels.
2a. La dimension concrète et opérationnelle implique l'intégration, dans le cursus des études, d'un travail en équipe (pluridisciplinaire dans toute la mesure du possible) sur un sujet concret, de préférence avec une commande, contractuelle ou non, d'un organisme ou d'une collectivité sur un problème d'urbanisme ou d'aménagement, qui constitue un lieu de synthèse d'application des enseignements (atelier).
2b. Elle implique également un contact avec la profession, dans toute la mesure du possible sous la forme - pour ceux qui ne n'ont pas encore eu ce contact - d'un stage d'une durée significative (trois mois à plein temps semble être un seuil à recommander) dans un organisme ou une collectivité, sur un problème d'aménagement ou d'urbanisme identifié avant le début du stage. Ce stage donne lieu à un rapport soumis à évaluation.
2c. La profession d'urbaniste ou d'aménageur, comportant une implication personnelle, nécessite, à côté du travail en équipe expérimenté dans l'atelier, un mémoire final substantiel,
établi individuellement (ou en petite équipe avec individualisation des apports). Ce mémoire peut être, selon le choix des formations et des étudiants, plus orienté vers des aspects théoriques ou vers des aspects opérationnels, mais chaque fois que possible associe ces deux domaines.
3. L'application des principes précédents exige plus d'une année de
formation spécifique à l'urbanisme et (ou) à l'aménagement. Par ailleurs la formation d'urbaniste et (ou) d'aménageur nécessite au total un minimum de quatre années d'études post-secondaires qui peuvent recouvrir un ou plusieurs diplômes successifs.
Ces principes doivent être nuancés selon les types de diplômes :
- Ils s'appliquent pleinement aux diplômes post-gradués à vocation professionnelle (par exemple DESS ou maîtrise nord-américaine), dont la durée devrait être de deux ans (ou au strict minimum d'un an et demi).
- Dans les diplômes post-gradués à vocation de recherche (DEA, doctorat), la dimension théorique et critique et la préparation à la recherche sont prépondérantes. Cependant, une formation pluridisciplinaire, préalable de préférence, au champ de l'urbanisme et (ou) de l'aménagement est indispensable. Un contact avec la pratique professionnelle est éminemment souhaitable.
- Dans les formations prégraduées (baccalauréat québéquois, maîtrise française, licence belge par exemple), les principes évoqués ci-dessus, y compris la production d'un mémoire substantiel, sont pertinents, avec des exigences adaptées au niveau de ces formations, la durée de la formation dans le champ de l'urbanisme et de l'aménagement ne pouvant être inférieure à
deux ans.
Tunis, le 9 mai 1998 (adopté à l'unanimité)
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