ATELIER 2 : LES ÉTUDES D'IMPACT ENVIRONNEMENTAL.
Responsable : Pierre-Yves Guay, Université du Québec à Montréal.
De la contribution des méthodes quantitatives à l'évaluation environnementale
Par Luc-Normand Tellier, professeur, département d’études urbaines et touristiques, UQAM
et Marguerite Wotto, étudiante au doctorat en études urbaines, UQAM
L'évaluation environnementale pose divers problèmes liés à l'incertitude, au couple objectivité-subjectivité, au couple synthèse-décortication, au couple évaluation-négociation, au couple évaluation-décision... Le recours aux méthodes quantitatives dans la solution de ces problèmes est vu comme étant à la fois séduisant pour certains et rebutant pour d'autres. Ces méthodes nous semblent pouvoir être utiles à diverses étapes du processus d'évaluation :
- à l'étape des mesures d'impacts, les indicateurs quantitatifs peuvent être mis à contribution, de même que divers concepts quantifiables, probabilistes (espérance mathématique, probabilités cumulatives,...) et économiques (surplus du consommateur, surplus du producteur, prix de référence, analyse hédonique,...);
- à l'intérieur du processus déductif permettant de dégager des évalutions préalables une évaluation globale, les méthodes quantitatives peuvent servir par le biais de l'addition, de la soustraction et du recours à des unités de mesures communes (dollars, scores); la théorie des ensembles flous peut aussi être mise à contribution;
- dans la comparaison des résultats d'analyses diverses de la chose évaluée, les méthodes quantitatives permettent de calculer des moyennes, des valeurs médianes, des écarts-types, des indices de divergence...
Selon nous, le recours à ces méthodes ne peut porter fruit que si des distinctions très nettes sont faites dans le processus d'évaluation :
- entre l'évaluation proprement dite, la consultation, la négociation et la prise de décision;
- entre les jugements "objectifs" d'analystes impartiaux et les prises de position des acteurs "partiaux" directement affectés par la prise de décision;
- entre les éléments de l'analyse qui sont presque certains et ceux qui sont plus hypothétiques;
- entre les éléments de l'analyse qui font l'unanimité et ceux qui sont sujets à controverses.
Les méthodes quantitatives ne doivent pas s'opposer au processus socio-politique de prise de décision. Elles doivent au contraire le rendre plus limpide et plus serein.
Luc-Normand Tellier et Marguerite Wotto
- Journées APERAU 2000 -